Edito

Raphaël DaubetC’est incroyable. Et pourtant bien réel : notre village ensorcelle ceux qui l’approchent, habitants du lieu ou visiteurs de passage… Nul n’échappe à cette étrange sensation, maintes fois décrite et toujours inexplicable. Un constat unanime, émerveillé,  perplexe : il se dégage ici quelque chose de particulier, une atmosphère sans pareille.

D’aucuns attribuent cette magie au fort effet visuel que produit le Cirque de Floirac : les falaises enserrent comme un rempart circulaire une petite vallée protégée… En son centre, dressée sur une éminence, l’église du XVIIIème siècle a ramassé autour d’elle les maisons en un gros bourg uni. Ici la présence de l’Homme a traversé les âges et l’Histoire se lit où que le regard se pose : riche empilement des formes bâties, où se mêlent en harmonie les vestiges de toutes les époques (des dolmens à la villa gallo-romaine, du vieux castrum féodal aux maisons cossues de la révolution industrielle). Voilà qui suscite un étrange sentiment d’éternité et de permanence. La succession des siècles, si riche et diverse, a laissé place à un village authentique au charme désuet, aux rues étroites et fleuries.

Au-delà du paysage et de l’imprégnation historique, d’autres évoquent, pour expliquer la sensation qui les étreint, l’influence de la Dordogne, encore sauvage et magnifique entre ses falaises, coulant aux pieds du village. Bien sûr, elle noue avec lui, été comme hiver, une relation forte et ambivalente. Et nul doute que la rivière a dû jeter sur le village et ses habitants quelque sortilège immémorial…

Au fond, c’est à n’y rien comprendre et tant mieux ! L’alchimie se fait dans le secret des dieux. Seul compte ce qui s’en dégage et que l’on ressent puissamment : le génie du lieu !

Et notre commune est avant tout un endroit qui mérite d’être habité. On y trouve refuge dans une vie étonnante et paisible, à la fois hors du temps, si l’on consent à échapper un peu au consumérisme, et pourtant si moderne, tant nous sommes ici en connexion avec le reste du monde, par la grâce d’internet et autres voies de communication existantes : autoroutes, rail, aéroport « vallée de la Dordogne »… Sans les tenir à l’écart de rien, Floirac offre aux audacieux une vie en prise avec la nature, conviviale et solidaire, créative, imprégnée d’une liberté hélas devenue rare de nos jours. Une vie plus intense, plus réelle qu’ailleurs, si l’on s’en donne les moyens. Car ici il est encore possible de « faire », pourvu qu’on ait un peu d’énergie. J’invite tout un chacun à venir partager cette vie avec nous.

Raphaël Daubet